L’eau tombe l’hiver, mais c’est l’été qu’on la réclame. Ce décalage, que le dérèglement climatique accentue, est le fil conducteur de l’étude conduite depuis décembre 2024 par les CESER de Normandie, de Bretagne, des Pays de la Loire et de Nouvelle-Aquitaine, avec 2035 pour horizon. Les besoins atteignent leur sommet précisément quand les rivières déclinent : en vacances, un habitant consomme 230 litres par jour, contre 148 en temps ordinaire, soit 55 % de plus, tandis que des eaux plus chaudes et moins oxygénées fragilisent les espèces. Car une eau présente n’est pas nécessairement disponible : elle doit l’être en quantité, en qualité et en temps utile, sans que les milieux en paient le prix.
Les pistes
La première clé érige donc la saisonnalité en principe directeur. La sobriété ouvre la marche grâce à l’irrigation raisonnée, la traque des fuites, la tarification saisonnière et le tourisme responsable. Suivent la préservation des milieux, puis l’adaptation des usages. Les solutions d’appoint, stockage mesuré des excédents hivernaux ou réutilisation des eaux usées traitées, ne viennent qu’en dernier, strictement encadrées.
La seconde clé tient à l’échelle de l’action. Il s’agit de conforter les instances locales, de nouer des solidarités entre bassins et régions, de protéger les zones de recharge et de captages, de former élus et citoyen, et de moduler les aides selon la performance hydrique.
En conclusion, pour les CESER, l’eau doit cesser d’être une variable d’ajustement pour devenir la mesure cardinale des choix d’aménagement.