Moins de trajets, moins de fatigue, plus d’autonomie : le télétravail séduit les salariés, et les employeurs y gagnent en attractivité sans perte de productivité. Mais le bilan a son revers. En Normandie, seul un emploi sur trois peut s’exercer à distance, l’un des taux les plus faibles de France, et un salarié sur cinq le pratique. Cadres et métiers du tertiaire en profitent nettement davantage. Par ailleurs, les tâches domestiques et familiales qui incombent plus largement aux femmes s’intègrent souvent à un quotidien professionnel susceptible d’accroître leur charge mentale.
Les limites du télétravail
À la maison, le travail peut aussi isoler. Hyperconnexion, sédentarité, perte de repères : les jeunes recrues et les personnes seules sont les plus exposées. Le télétravail agit en révélateur et met au jour la surcharge ou les objectifs flous qui existaient déjà. Sur les territoires, il rend le périurbain et le rural plus attractifs, mais l’écologie n’y gagne pas toujours avec une consommation d’énergie à domicile plus importante, par exemple.
Les personnes auditionnées par le CESER à l’occasion de cette étude recommandent un à deux jours de travail à domicile ou en tiers-lieux par semaine, une charte négociée, des managers formés à la confiance et à l’évaluation des résultats, des critères d’accès clairs.